mardi 28 février 2017

Le temps est venu


Une voix s’est tue. Victime de chiffres rouges récurrents et du climat inquiétant que les journaux et autres publications traversent, l’Hebdo a dû plier bagages et disparaître, pour ne plus exister que dans nos mémoires et nos rêves utopistes d’ouverture. Et aux ricanements de quelque extrémiste tondu en manque et de ses coreligionnaires faisait écho le désarroi de nombreuses personnes ; des journalistes, mais aussi des polygraphes, graphistes et autres professions du monde de la presse et de l’industrie graphique - il ne faut pas les oublier - viendront grossir les chiffres déjà préoccupants des chercheurs d’emplois des branches mentionnées plus haut.

Un espoir s’est tu, une opinion progressiste se retrouve orpheline. De plus en plus de médias issus des services publics sont continuellement attaqués, accusés de complaisance envers ces mêmes forces progressives.

L’initiative « No Billag » visant le démantèlement de la SSR et la mise à mort de nombre de radios et de tv privées ambitionne de ne permettre qu’aux plus fortunés de diriger les mass médias, et ouvrira tout grand les portes aux opulentes chaînes privées étrangères.

Le SSM – Syndicat suisse des mass médias précise d’ailleurs que : « Si l’initiative « No Billag » était appliquée, le public suisse n’aurait accès qu’aux offres de médias profitables économiquement. Pour les quatre petits marchés linguistiques que comprend la Suisse, cela signifierait la fin sans alternative de l’offre de programme actuelle et l’appauvrissement de la production médiatique et de la diversité. »

Lorsque l’on sait que cette initiative est née entre autres à l’instigation de Natalie Rickli, conseillère nationale (UDC/ZH), et responsable des affaires publiques de Goldbach Media - les publicités suisses diffusées chez nous sur les grandes chaînes étrangères, TFI, M6 pour les francophones, c’est eux - on est en droit de se poser des questions. Démanteler la SSR c’est avantager grandement leurs « petites affaires ». Bizarre, qui a dit bizarre ? Pensez-y lorsque vous serez appelés aux urnes. Nous y reviendrons.

Mais, la prudence étant de rigueur, peut-être que les Suissesses et les Suisses décideront que les résultats des dernières votations n’étaient pas qu’un feu de paille. La déculottée de RIE III et le plébiscite qu’a obtenu notre camarade Ada Marra sur la naturalisation facilitée des jeunes étrangers de troisième génération doivent en être la pierre angulaire. Augurons que de nombreux abstentionnistes reprennent confiance en la démocratie. Cette nouvelle force est notre espérance. De nombreux scrutins, oh combien importants nous attendent. Il en va de la survie de notre système social et de retraites.

Voter, mais élire ; ces majorités toujours trop à droite ne doivent plus exister. Nous avons toutes et tous les moyens de renverser la donne. Notre démocratie est notre plus grande richesse, le temps est venu...

Nous étions plus de mille, samedi 18 février sur la Place du Scex à Sion, à nous lever et à rejeter la bête immonde. Le temps est aussi venu…

NO PASARAN


Jean-Pierre Bodrito
Conseiller général

Sion
La "Voix des partisans" le peuple.VS du 24 février 2017




vendredi 23 décembre 2016

Minuit cinq après Uber



Un mot est entré dans la Vox Populi : UBERISATION.


Wikipedia donne cette signification de ce néologisme : L'uberisation, du nom de l'entreprise Uber, est un phénomène récent dans le domaine de l'économie consistant à l'utilisation de services permettant aux professionnels et aux clients de se mettre en contact direct, de manière quasi-instantanée, grâce à l'utilisation des nouvelles technologies. La mutualisation de la gestion administrative et des infrastructures lourdes permet notamment de réduire le coût de revient de ce type de service ainsi que les poids des formalités pour les usagers. Les moyens technologiques permettant l'« uberisation » sont la généralisation du haut débit, de l'internet mobile, des smartphones et de la géolocalisation. L'uberisation s'inscrit de manière plus large dans le cadre de l'économie collaborative. Ce concept s'oppose en fait à celui connu depuis des générations, et particulièrement depuis les trente glorieuses, c'est à dire le monde fixe et réglementé du salariat.


Passez-moi ce copié-collé, mais ces quelques phrases indiquent précisément qui est ce nouvel « ennemi » que nous devrons affronter. Et une fois n’est pas coutume, le patronat tel qu’il existe encore aujourd’hui se retrouve lui-aussi en péril.


Si pour les employeurs ces nouveaux venus deviennent plus que concurrentiels, de par leur non-respect, entre-autres des codes et taxes en vigueur, pour les employés et par conséquent les syndicats, l’apparition de ce nouveau type de fonctionnement s’apparente à une pluie acide qui dissout tout sur son passage. Droits des travailleurs, conventions collectives, existence même du syndicalisme. Ils ne respectent RIEN et mettent en péril les droits acquis et en vigueur dans les entreprises mises en difficulté.


Pourtant la société n’a pas attendu aujourd’hui pour voir apparaître les prémices de cette gangrène. Observons nos professions respectives. Cela a parfois été dû aux avancées technologiques. Il n’y a pas si longtemps, dans l’industrie graphique, une belle partie du portefeuille-client consistait à l’impression des enveloppes, des en-têtes de lettre ou cartes de visites. Aujourd’hui avec l’avènement des imprimantes à bas-pris, n’importe quelle entreprise peut, sans l’aide de quiconque, s’auto-suffire. Et vous savez mieux que quiconque, dans vos métiers, les dégâts que vos professions ont endurés. Le domino des nouveautés est inarrêtable. Du livret de récépissés orange au bureau de poste au paiement eBanking, que de changements et de dégâts. Une anecdote : lors de la contraction d’un petit leasing il y a deux mois, la banque en question me conseillait vivement de faire mes paiements via eBanking, les règlements par le bureau de poste seraient surtaxés. Ou encore la fermeture, parmi tant d’autres, du bureau de poste de l’hôpital de Sion a démontré, s’il le fallait encore, l’agonie du Service public. Du cynisme à l’état pur.


UBER ou AIRBNB n’ont naturellement rien à voir avec ces derniers exemples, mais ils provoquent le même genre de dégâts. Et notre axe de défense doit être le même. Consolider le taux de syndicalisation, et obliger ces nouvelles entreprises à respecter leurs travailleurs. Les moyens de lutte, nous les connaissons. A nous de jouer…

NO PASARAN !


Jean-Pierre Bodrito
Edito du bulletin "Poste Vaud et Valais" - décembre 2016

vendredi 9 septembre 2016

Contradictions toxiques



La droite et son extrême ont pris le pouvoir dans notre pays. A coup de campagnes onéreuses, de liens familiaux sans fondement politique, de corporatismes, les petits ruisseaux ont fait les grandes rivières, et nous nous retrouvons avec une majorité fédérale ultralibérale aux relents racistes et xénophobes.

Tous ces électeurs qui leur ont donné leurs voix sont complices de leurs contradictions.

Des décennies d’avancées sociales qui avaient forgé une société moderne, ouverte et gagnante se voit ébranlée par une politique nourrie d’égoïsme et de stigmatisations. Au diable l’équité et la solidarité. Les champions des contradictions sont au pouvoir.

Lister leurs contradictions serait trop fastidieux et la place manquerait dans cette rubrique, mais les quelques exemples suivants étayeront mes accusations.

Lors des demandes de droit de vote ou d’éligibilité des ressortissants étrangers vivant dans notre pays, leur réponse était et est toujours. « S’ils veulent voter, qu’ils se naturalisent, punkt schluss ». C’est un avis, pas le nôtre, mais il peut tenir la route. Mais où le bât blesse c’est lorsque ces mêmes Neinzager et leurs caniches s’arrangent pour proposer un durcissement drastique du régime des naturalisations. Cette contradiction est toxique.

Autre exemple ? Nous sommes en plein dedans. Dans nos boîtes aux lettres nous sont parvenues les enveloppes des prochaines votations fédérales du 25 septembre. Parmi les trois objets soumis au Peuple, nous en trouvons un qui nous tient particulièrement à cœur. Il s’agit de l’initiative populaire « AVSplus : pour une AVS forte ». Est simplement demandé au souverain d’augmenter pour la première fois depuis 1975, les cotisations AVS de 0,4%. Ceci permettrait une augmentation de 10 % des rentes AVS. N’oublions pas que pour le 2/3 des personnes à la retraite, l’AVS est le principal revenu, et que pour 38 % des femmes et 19 % des hommes, l’AVS - prestations complémentaires comprises - est également la seule source de revenu.

Et voulez-vous connaître leur contradiction toxique ? Eh bien, ces mêmes partis et personnes qui combattent de manière virulente cette aide concrète en faveur de nos anciens, sont les mêmes qui vocifèrent à longueur d’année qu’il faut cesser d’être généreux avec les requérants et les étrangers en général, alors que nous ne faisons rien pour NOS VIEUX à NOUS. Allez comprendre ; aider les banques et assurances qui gèrent les milliards de nos 2e piliers, alors ça, ça y va.

En plus de contradiction toxique, il s’agit ici de malhonnêteté intellectuelle.


Enfin, j’ai eu l’occasion cet été de visiter Robben Island et sa triste prison où Nelson Mandela et ses compagnons de lutte ont été incarcérés de trop nombreuses années. Je fus tant ému. Madiba, - qui avait été considéré par certains de nos gouvernants d’alors comme un terroriste – n’est-ce pas Christophe ? - avait dit quelque chose de très juste :

« Un gagnant est juste un rêveur qui n'a jamais cédé ».


HASTA SIEMPRE PARTISAN


Jean-Pierre Bodrito
Conseiller général

Sion

La "Voix des partisans" le peuple.VS du 9 septembre 2016